Bloquer un site sur son PC : la méthode du fichier hosts

Récapitulatif

  • Le fichier hosts bloque un site sur tout le PC, dans tous les navigateurs, sans extension à installer. Il vit dans C:\Windows\System32\drivers\etc\hosts.
  • Une ligne suffit, dans le sens IP puis nom de domaine : 0.0.0.0 exemple.com. Ajoutez aussi la version avec www, sinon seule la moitié du site disparaît.
  • L’édition demande les droits d’administrateur, et le fichier doit rester sans extension : un enregistrement en hosts.txt ne sert à rien.
  • Après la modification, videz le cache DNS avec ipconfig /flushdns, sinon Windows continue de répondre avec l’ancienne adresse.
  • Le blocage ne couvre que cette machine et ces noms. Un autre PC, un téléphone ou une adresse IP saisie directement passent au travers.

Vous voulez qu’un site précis devienne inaccessible depuis votre PC, pour vous ou pour quelqu’un d’autre qui utilise la même machine. Les extensions de navigateur font le travail dans leur coin, et elles se désactivent en deux clics par la personne concernée.

Le fichier hosts répond à un autre besoin. Il bloque un nom de domaine au niveau de Windows, avant même que le navigateur entre en jeu. Tous les programmes de la machine sont concernés, et il n’y a rien à installer.

Je détaille la méthode complète, le piège de l’extension qui casse tout, et surtout ce que ce blocage ne couvre pas. Ce dernier point manque à presque tous les guides, et c’est lui qui fait croire à un échec quand le blocage fonctionne très bien.

Sommaire

Ce que les commentaires sous mes vidéos réseau m’ont appris

Deux de mes vidéos traitent du navigateur, une autre du cache DNS. Elles cumulent plus de 14 000 vues. Le retour le plus fréquent sous la vidéo du navigateur dit : « le récit est trop rapide, on arrive pas à comprendre les étapes ».

Le seul commentaire laissé sous la vidéo du cache DNS pointe un défaut du tournage : « je n’ai pas vu la commande, ça sortait du cadre ». Sur ce sujet, la commande est justement ce qui compte.

Ces deux remarques décident de la forme de ce guide. Les manipulations sont données une par une, avec la commande écrite en clair et non filmée, et l’ordre exact dans lequel je les enchaîne sur une machine réelle.

Ce que le fichier hosts fait vraiment

Quand vous tapez une adresse dans un navigateur, Windows ne sait pas encore où aller. Un nom de domaine comme exemple.com ne veut rien dire pour la machine : il lui faut une adresse IP, la vraie coordonnée du serveur. Cette conversion porte un nom, la résolution de noms, et elle suit un ordre précis.

Le fichier hosts est consulté en premier. Il vit dans un dossier système, et il contient une liste de correspondances écrites à la main, un nom de domaine associé à une adresse IP. Si le nom demandé figure dans cette liste, Windows prend l’adresse indiquée et s’arrête là. Il ne pose même pas la question au serveur DNS de votre fournisseur.

Toute la mécanique de blocage tient dans cette priorité. Écrivez que exemple.com correspond à une adresse qui ne mène nulle part, et le site devient inatteignable depuis cette machine. Le navigateur n’y est pour rien, il a demandé une adresse, Windows lui a répondu par une porte fermée.

Câble réseau Ethernet branché sur le port à l'arrière d'une tour de PC de bureau

L’intérêt de passer par là plutôt que par une extension saute aux yeux quand on réfléchit au périmètre. Le blocage s’applique à tous les navigateurs installés, aux applications qui se connectent en arrière-plan, et à tous les comptes de la machine. Une extension, elle, ne couvre que le navigateur qui la porte.

Ne confondez pas ce réglage avec la protection contre les sites dangereux. Windows Defender filtre de son côté les adresses connues comme malveillantes, sur la base de listes qu’il tient à jour. Le fichier hosts, lui, n’analyse rien : il obéit à ce que vous avez écrit, y compris si vous vous trompez de domaine.

Ouvrir et modifier le fichier hosts sous Windows 11

Le fichier est rangé ici : C:\Windows\System32\drivers\etc\hosts. Il porte le nom hosts, sans extension, ce qui le rend invisible aux yeux des logiciels qui n’attendent qu’un fichier texte classique. C’est aussi ce qui trompe les débutants au moment de l’enregistrer.

Une remarque avant de commencer : ce dossier appartient au système, et Windows refuse qu’on y écrive sans autorisation. Fermez d’abord tout ce qui pourrait utiliser le fichier, puis lancez le Bloc-notes en tant qu’administrateur. Clic droit sur l’icône du Bloc-notes dans le menu Démarrer, puis « Exécuter en tant qu’administrateur ».

Dans le Bloc-notes ouvert de cette façon, passez par Fichier puis Ouvrir, et collez le chemin complet dans le champ du nom de fichier. Changez le filtre en bas de la fenêtre sur « Tous les fichiers », sinon le contenu du dossier reste gris et vous ne verrez rien. Sélectionnez hosts et validez.

Le fichier s’ouvre sur une série de lignes qui commencent par un dièse. Ce sont des commentaires, ils expliquent le rôle du fichier et Windows les ignore. Vous pouvez laisser tout ce bloc en place et écrire à la suite, sur des lignes neuves, à la fin du fichier.

Écrire les lignes qui bloquent un site

La syntaxe tient en deux morceaux séparés par un espace ou une tabulation : une adresse IP d’abord, le nom de domaine ensuite. Pour bloquer, l’adresse à écrire est 0.0.0.0. Elle désigne une destination qui n’existe pas, et c’est la convention utilisée pour envoyer un nom dans le vide.

Sur une ligne neuve, écrivez donc 0.0.0.0 exemple.com, puis recommencez juste en dessous avec la version précédée de www : 0.0.0.0 www.exemple.com. Cette seconde ligne n’est pas facultative. Un site répond souvent sous plusieurs noms, et si vous n’en bloquez qu’un, la moitié du domaine reste accessible.

Un dièse en début de ligne transforme la ligne en commentaire. C’est la bonne façon de désactiver un blocage sans l’effacer : gardez la ligne, ajoutez le dièse devant, et le nom repasse par le DNS normal. Le jour où vous voulez bloquer de nouveau, il suffit de retirer le dièse.

Pour enregistrer, Ctrl + S suffit, et c’est là que le piège se referme. Le Bloc-notes peut enregistrer le fichier sous le nom hosts.txt, parce qu’il ajoute l’extension de son choix par défaut. Un fichier hosts.txt ne bloque rien du tout, Windows lit hosts, sans extension, et rien d’autre.

Deux parades pour éviter ça. Dans la fenêtre d’enregistrement, passez le type sur « Tous les fichiers (*.*) » avant de valider, ce qui empêche le .txt d’être collé au nom. Et vérifiez le résultat ensuite : si vous affichez les extensions de fichiers dans l’Explorateur, vous voyez d’un coup d’œil si le fichier s’appelle bien hosts.

Vider le cache DNS et vérifier que le blocage tient

Vous avez enregistré le fichier, vous ouvrez le navigateur, et le site s’affiche encore. Ce n’est pas un échec. Windows garde en mémoire les résolutions récentes, précisément pour ne pas redemander à chaque clic, et votre nouvelle ligne n’entre en jeu qu’une fois ce cache remis à zéro.

La commande s’exécute dans une fenêtre d’invite. Appuyez sur Windows + R, tapez cmd et validez. Dans la fenêtre noire, écrivez ipconfig /flushdns et appuyez sur Entrée. Windows répond qu’il a vidé le cache de résolution DNS. Aucun droit d’administrateur n’est nécessaire pour cette étape.

Fermez ensuite toutes les fenêtres du navigateur, pas seulement l’onglet, puis rouvrez-le et tapez l’adresse du site bloqué. La page doit refuser de se charger, avec un message d’erreur du navigateur. Le comportement exact change selon le navigateur : Firefox et Chrome annoncent tous les deux qu’ils n’ont pas trouvé le serveur, sans que le texte soit identique.

Le vidage du cache DNS en vidéo. C’est la même commande qui fait appliquer un blocage par le fichier hosts.

Un détail explique la plupart des « ça ne marche pas » que je reçois. Un onglet resté ouvert peut continuer d’afficher la page qu’il avait déjà chargée, et un site consulté juste avant le blocage peut sortir de la mémoire du navigateur. Fermer puis rouvrir le programme règle la question. Le fonctionnement de cette commande, et les cas où elle répare au passage un site inaccessible, est détaillé dans mon guide pour vider le cache DNS.

Ce que le fichier hosts ne bloque pas

Le blocage fonctionne, et il faut maintenant regarder ses limites en face. Elles expliquent la plupart des déceptions, et aucune ne se règle en ajoutant des lignes au hasard.

Connecteur réseau Ethernet RJ45 posé sur un bureau clair devant un ordinateur portable

La première limite tient à la machine. Le fichier hosts n’existe que sur un PC : votre téléphone, la tablette du salon et les autres ordinateurs de la maison continuent d’accéder au site sans problème. Pour bloquer partout d’un coup, le réglage se fait sur la box, dans la partie contrôle parental, qui applique la règle à tous les appareils connectés.

La deuxième limite tient au nom. Le fichier associe un nom de domaine à une adresse, il ne filtre pas un contenu. Un site qui répond aussi sur un second domaine reste joignable par ce second domaine, et une adresse IP tapée directement dans la barre contourne toute la liste. C’est aussi pour ça qu’un site changeant régulièrement de domaines reste hors de portée de cette méthode.

La troisième limite tient aux droits. Le fichier appartient au système, mais quiconque peut ouvrir le Bloc-notes en administrateur peut en retirer les lignes. Un blocage posé ainsi tient face à un usage normal, pas face à quelqu’un qui connaît la manipulation. Il existe des façons de verrouiller le fichier en modifiant ses autorisations, et ça devient un autre sujet que ce guide.

Reste le cas des applications qui ne passent pas par un nom de domaine. Un jeu, un logiciel de synchronisation ou un client de messagerie peut joindre son serveur par une adresse fixe ou par un service intermédiaire. Là, la liste des noms ne suffit plus, et c’est le pare-feu de Windows qu’il faut interroger, en sachant qu’il travaille par adresse et par programme.

Les questions qu’on me pose le plus

Comment bloquer un site sur PC ?

En ajoutant une ligne dans le fichier hosts de Windows, qui associe l’adresse du site à une destination inexistante. Ouvrez le fichier en administrateur, ajoutez 0.0.0.0 exemple.com puis la même ligne avec www, enregistrez, et videz le cache DNS. Tous les navigateurs de la machine sont bloqués d’un coup.

Comment ajouter des lignes dans le fichier hosts ?

Une ligne par correspondance, une adresse IP d’abord, un nom de domaine ensuite, séparés par un espace ou une tabulation. Les lignes qui commencent par un dièse sont ignorées par Windows, ce qui permet d’écrire une note ou de désactiver une entrée sans la supprimer. Écrivez vos ajouts à la fin du fichier, puis enregistrez.

C’est quoi le host ?

Le fichier hosts est une petite liste locale, présente sur toutes les machines Windows, qui associe des noms de domaine à des adresses IP. Windows le lit avant d’interroger le serveur DNS de votre fournisseur d’accès. C’est cette priorité qui en fait un outil de blocage simple, sans logiciel à installer.

Quel est le meilleur bloqueur de site web gratuit ?

Le bon choix dépend du périmètre que vous visez, pas d’un classement. Le fichier hosts couvre un PC entier sans rien installer. Une extension de navigateur bloque dans ce navigateur seulement, ce qui convient pour un usage limité. Le contrôle parental d’une box bloque tous les appareils du foyer. Choisissez d’abord l’étendue, le logiciel viendra après.

Un blocage qui tient dans le temps reste court à écrire et facile à relire. Trois lignes claires valent mieux qu’une liste de noms accumulés dont personne ne sait plus à quoi ils servaient.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *